Komets: Des soldats « multifonction »

Komets: Des soldats « multifonction »

Golanis? Parachutistes? Sur la frontière avec Gaza, l’unité de ‘Himoush* constitue la première ligne de défense. Cette section, responsable de l’entretien et du bon fonctionnement de la barrière de sécurité, est aussi une unité prête au combat.

 

Deux véhicules blindés avancent vers la barrière électronique. Leurs occupants portent des gilets pare-balles en céramique et des casques. Derrière eux, des champs agricoles, en face, la ville de Gaza et à l’horizon, la mer. Ce ne sont pas des combattants de la brigade de Golani, mais une autre unité, spéciale, de haut niveau. L’unité porte le nom de « Komets » (poignée), son rôle: veiller sur le bon état et  fonctionnement de la palissade.

Il ne s’agit que de 12 soldats, appartenant à l’unité du ‘Heil ‘Himoush, et responsables de plusieurs kilomètres de mur. « Il s’agit là d’un beau métier aux multiples défis », nous confie le Major Fadi Mazrib (29 ans et d’origine druze) chef de l’unité. « Nos soldats combinent un métier technique et la capacité de combattre comme tout autre soldat. Nous sommes en mesure de participer à une bataille mais parallèlement nous sommes des spécialistes de l’électronique et de l’optique. Notre préoccupation première est l’entretien d’un système de pointe qui est primordial à la sécurité du pays ». Pour celui parmi nous qui a gardé l’image du soldat « Jobnik »** appartenant au ‘Himoush, doit être dubitatif quant à la déclaration de Mazrib. C’est pour cela que ces soldats aiment à rappeler les dangers qu’ils rencontrent chaque jour et leur proximité avec des situations sensibles. « Nous sommes ici la première défense, les plus proches des évènements. Il faut savoir que ce n’est pas toujours un soldat avec un A 52 (« M.A.G. ») qui charge vers un terroriste, mais un soldat d’un département technique de Tsahal. Ces hommes sont une source de fierté, les meilleurs soldats qui puissent être ».

 

Le labeur est quotidien

Leur environnement de travail ressemble à celui d’autres unités de pointe: travail de nuit, silencieux, presque secrètement et avec un minimum d’éclairage. « Nous nous trouvons  sur la ligne de feu et devons gérer les nombreuses menaces telles que les tireurs d’élite, les tirs de missiles et les tunnels. Ce sont de réels dangers ». Le lieutenant-colonel Ariel Shima, officier en chef du ‘Himoush de la division 80, explique que cette barrière électronique, longue de 65 km, donne des informations très précises et guident les forces d’intervention vers le lieu de l’incident. « Nous pouvons savoir si quelqu’un a touché le grillage ou s’il y a grimpé. Nous pouvons savoir à quelle hauteur de la barrière le contact a été effectué et localiser l’endroit précis ».  Meïr, parmi les plus anciens, explique le fonctionnement: « Il y a une centrale de contrôle, vers où convergent avertissements et alarmes. Ceux-ci nous donnent l’indication exacte de l’endroit. En moins de 10 secondes la salle des opérations est prévenue, suite à quoi des forces sont envoyées sur le terrain ». Les soldats tiennent à ajouter que l’accomplissement de leur tâche est journalier, car il peut y avoir à tout moment une défaillance.

 

L’enrôlement: comme pour une unité de pointe

Pour être enrôlé dans « Komets » il faut passer par l’unité du ‘Himoush qui forme à travers un stage spécialisé, des « techniciens des frontières ». Ensuite, les plus doués devront suivre une formation de combattant de niveau 03.

Idan Sultan, 21 ans, avait entendu parler de l’unité qui recherchait de vrais combattants. Il y sert ainsi depuis deux ans: « Notre section va aussi au feu. Nous subissons des tirs d’armes légères mais aussi de tireurs d’élite. Les terroristes provoquent des alertes afin de nous attirer vers l’endroit où ils nous tendent une embuscade. La dernière fois, une bombe a explosé devant nous, posée à l’extrémité d’un tunnel. Grace au ciel, personne n’a été blessé ». On peut facilement voir les dégâts causés par les obus de mortiers tirés depuis Gaza. « Nous ne nous contentons pas de restaurer les parties du mur détériorées. Nous sommes là pour assister aussi les forces qui pénètrent dans Gaza. Le danger est toujours là, il faut du courage pour œuvrer sur la barrière. Nos soldats comprennent l’importance de leur poste et ils y risquent leur vie ».

Le lieutenant-colonel Shima ajoute: « Ces hommes sont courageux et totalement dévoués à leur mission. Leur but est de protéger les habitants d’Israël. Leur activité sur la frontière est comme  toute autre activité opérationnelle. Ce sont des combattants comme les parachutistes ou les Golani ».

 

Le Bonus

A la fin du service militaire, ces hommes ont de grandes chances d’intégrer des entreprises de High-Tech, de communications et d’électronique. Les Milouïm (réservistes) sont là pour en témoigner. « Nous désirons que nos concitoyens israéliens, et parmi eux les habitants de l’ouest du Néguev, vivent tranquilles, qu’ils sachent qu’ils peuvent compter sur nous. Nous sommes de vrais professionnels entièrement dévoués à leur sécurité ».

 

*’Heil ‘Himoush: branche de Tsahal aux rôles variés, allant des garages, passant par la construction et la démolition (bulldozers etc.) jusqu’à l’électronique, inventions et adaptations d’appareils et munitions servant au combat et aux véhicules blindés.

** Nom péjoratif dans Tsahal, pointant du doigt un soldat non combattant qui a un « job » peu astreignant.

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