Israël, négocier avec un mouvement terroriste ?

Leader du Hamas Ismail Haniyeh en IRAN Reuters

 

Leader du Hamas Ismail Haniyeh en IRAN  Reuters
Leader du Hamas Ismail Haniyeh en IRAN Reuters

Le rapprochement entre le Fatah et le Hamas peut-il relancer le processus de paix en Israël ? L’avis de Beligh Nabli, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) (1)

Ce nouvel accord de réconciliation manifeste un volontarisme politique à la fois de la part du Hamas et du Fatah. La crise humanitaire à Gaza a atteint un niveau sans précédent. Les habitants ont accès à l’eau et à l’électricité seulement trois à quatre heures par jour. Et, en juin dernier, l’Autorité palestinienne a décidé de baisser de manière drastique sa contribution financière à Gaza pour l’achat d’électricité et le paiement des fonctionnaires, plongeant encore un peu plus ses habitants dans la précarité. Le Fatah voulait ainsi pousser les habitants de Gaza à demander au Hamas de se réconcilier avec lui. Lundi, à Gaza, on a pu mesurer le soutien populaire en faveur d’une réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Il est indéniable que le Hamas est isolé, notamment depuis la distance prise par son principal bailleur de fonds humanitaire, le Qatar. Il a été obligé de se tourner vers l’Égypte, qui entend revenir dans le jeu politique régional. Ce rapprochement avec Le Caire, qui par ailleurs impose un blocus à Gaza, a éloigné le Hamas des Frères musulmans.

Cette réconciliation entre le Hamas et le Fatah est un processus loin d’être clos. Il faudra gérer l’absorption des forces militaires et civiles du Hamas dans l’Autorité palestinienne. Le principal intérêt pour les Palestiniens de ce rapprochement est l’unicité de la représentation dans des négociations de paix avec Israël.

L’État hébreu ne se montre pas opposé à cette réconciliation entre Palestiniens. Beaucoup en Israël estiment que la situation à Gaza est telle que si l’étau ne se desserre pas, la situation peut exploser et devenir dangereuse pour Israël. Ensuite, le Hamas aurait révisé sa charte vers une reconnaissance de l’État hébreu et une convergence avec le Fatah sur la vision d’une entité palestinienne correspondant aux frontières de 1967.

Cela dit, le chemin est long. On voit mal Israël accepter de négocier avec une délégation palestinienne incluant un mouvement terroriste, le Hamas. Il y a eu un précédent, puisque, avant les accords d’Oslo, Israël avait entamé des négociations secrètes avec l’OLP, considérée comme terroriste. Mais les positions sont opposées. La position israélienne est de dire qu’il n’y a pas d’interlocuteur pour négocier et que s’il y en a un les négociations ne doivent pas remettre en cause le processus d’implantations. Côté palestinien, il est impensable de négocier alors que les Israéliens continuent à s’etendre. Devant ces deux postures, on sent bien qu’il y a maintenant un alignement américain sur la position israélienne.

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