Interview exclusive: Leonardo DiCaprio: «J’ai investi en Israël car je suis proche de ce pays»

DiCaprio: Comme aux USA, il y a dans ce pays, Israël, une énergie créatrice, mais aussi une rigueur, rendue obligatoire par la situation et le conflit
DiCaprio: Comme aux USA, il y a dans ce pays, Israël, une énergie créatrice, mais aussi une rigueur, rendue obligatoire par la situation et le conflit

Nous le pensions, il l’a fait ! DiCaprio a reçu l’Oscar. Relisez l’interview de Dicaprio donnée à notre correspondant aux Etats-Unis.

Propos recueillis par Sandy Aronin et René Chiche pour Israël Magazine.

Grand favori pour l’Oscar du meilleur acteur avec sa formidable prestation dans l’époustouflant film «The revenant», qui lui a déjà valu le Golden Globe le 10 janvier dernier, Leonardo DiCaprio est désormais, à 41 ans, l’un des plus grands acteurs de sa génération et l’une des personnalités les plus puissantes d’Hollywood. C’est à l’occasion de la promotion de «The revenant» que nous avons pu rencontrer, entre Los Angeles et Londres, cette star, compagnon entre 2005 et 2011 du top modèle israélien Bar Refaeli. Entretien avec Leo comme on le surnomme, un homme qui a failli s’installer, par amour, en Israël…

René Chiche : Pourquoi avez-vous choisi de vous impliquer dans « The revenant »dans lequel vous campez Hugh Glass, un trappeur à l’époque du Far West ?

DiCaprio dans The revenant TM and © 2014 Twentieth Century Fox Film Corporation.  All Rights Reserved.  Not for sale or duplication.
DiCaprio dans The revenant
TM and © 2014 Twentieth Century Fox Film Corporation.  All Rights Reserved.  Not for sale or duplication.

– Leonardo DiCaprio : C’est d’abord le sujet qui est hors du commun. «The revenant» raconte l’incroyable histoire d’un homme confronté aux éléments dans une contrée sauvage, une Amérique encore inconnue. C’est un film qui explore le pouvoir de l’esprit. L’histoire de Hugh Glass fait partie de ces légendes que l’on se raconte au coin du feu, mais le réalisateur Alejandro González Iñárritu l’a utilisée pour étudier ce qui se passe lorsqu’on est confronté à la mort, ce que notre esprit est capable d’endurer et les conséquences d’une telle épreuve lorsqu’on y survit. En plus, je n’avais jamais vu de long métrage sur cette période de l’histoire américaine, j’étais donc très curieux. Il s’agit d’une époque unique dans l’histoire de l’Ouest américain, une époque bien plus sauvage de ce nous appelons aujourd’hui le Far West. C’était un peu comme l’Amazonie, une contrée sauvage inconnue, un no man’s land ou très peu de lois s’appliquaient. Ces trappeurs venus d’Europe ou de la côte-est américaine devaient apprendre à vivre et survivre, en pleine nature, comme n’importe quel animal sauvage…

– Vous avez joué des personnages multiples et inoubliables comme Howard Hughes dans “Aviator”, Jay Gatsby dans “Gatsby le magnifique” ou Jordan Belfort dans “Le loup de Wall Street”. Celui de Hugh Glass a-t-il une résonnance particulière dans votre carrière ?

– Oui, car c’est d’abord mon rôle le plus physique, mais aussi le plus silencieux tout en étant très expressif et éloquent. Et “The revenant” évoque aussi des thèmes très forts comme la volonté de vivre et du rapport à la nature. Au cours de ma carrière, j’ai souvent interprété des personnages éloquents, comme vous le dites, qui avaient beaucoup de choses à dire et à cet égard, le rôle de Glass a été un défi unique pour moi, car il a fallu que j’exprime mes émotions sans parler, ou alors dans une langue qui m’était étrangère. Pour cela, j’ai essayé de vivre l’instant présent et de réagir à ce que nous réservait la nature et à ce que Glass traversait dans la scène que nous tournions. Ce rôle m’a conduit à explorer la nature la plus profonde de l’instinct de survie. Et “The revenant” se situe à l’époque des débuts de l’industrialisme dans l’Ouest américain avant la découverte de l’or et du pétrole. La traite des fourrures était un commerce lucratif et les trappeurs se rendaient dans des contrées sauvages où vivaient les populations indigènes pour en extraire les ressources. Mais à quel prix ? C’est la question que se pose mon personnage Hugh Glass et c’est le thème principal du film.

– Comment avez-vous travaillé avec le metteur en scène mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, qui est l’un des cinéastes les plus réputés actuellement ?

– Ce qui me plaît beaucoup dans l’approche d’Alejandro, c’est qu’il est un réalisateur de la vieille école qui croit encore au cinéma d’antan. C’est aussi une sorte d’”outsider de l’intérieur”. Il connaît les rouages de l’industrie cinématographique contemporaine mais il a été influencé par toute une vie à étudier l’histoire du septième art, ce qui lui a permis de développer un style propre, tout à fait particulier : le style Inarritu. Il existe très peu de cinéastes capables d’échapper au moule hollywoodien et de réaliser un film d’une portée aussi épique que “The revenant”.

– Pourquoi réaliser vous-même vos cascades dans les nombreuses scènes dangereuses dans “The revenant” ?

– C’était une nécessité pour une question de crédibilité et aussi parce que j’aime ça ! J’ai été enterré sous la neige, j’ai joué entièrement nu par – 5 degrés ou j’ai plongé dans une rivière glaciale avec de forts torrents. Et je me rappelle aussi de la séquence de l’attaque de l’ours qui a été incroyablement difficile et éprouvante à tourner, mais elle est aussi profondément émouvante. Alejandro réussit à placer le public au plus près de l’action afin qu’il sente la respiration de Hugh Glass et le souffle de l’animal. Cette scène dépasse tout ce que j’ai pu voir. Glass doit trouver le moyen d’échapper à l’emprise de cette gigantesque bête. Il est à deux doigts de la mort et on se trouve à ses côtés à chaque instant.

– Vous êtes devenu une super star mondiale avec le triomphe de “Titanic” en 1998. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

– C’était dingue ! J’avais la sensation de pénétrer dans un nouveau monde qui allait carrément me dévorer. Je n’avais que 24 ans et il y avait cette foule de fans, de paparazzi et tous ces journaux à scandales qui racontaient n’importe quoi sur moi. Je dois évidemment beaucoup à “Titanic”, mais ce film a aussi failli me perdre. Avec l’image du héros doux et romantique dans laquelle on a voulu m’enfermer, c’était la négation pure et simple de tout ce que je souhaitais faire et de ce que je faisais déjà, par ailleurs. Cela explique pourquoi j’ai affiché un côté mauvais garçon, un peu agressif, voire brutal. Et je ne sais pas ce que je serai devenu si ma grand-mère maternelle, Helen, ne m’avait pas donné de précieux conseils. C’était une femme extraordinaire et avec les pieds sur terre, avec un fabuleux instinct de survie. Elle avait fui l’Allemagne nazie et m’avait dit : « Fais un pas de côté. Fais quelque chose avec tes mains, pose des briques… » J’ai donc refusé beaucoup de films à l’époque, sauf, en 1999, “Celebrity” de Woody Allen, parce qu’il racontait ce que j’étais un peu : une vedette à la fois gâtée et désemparée. Depuis, je n’ai accepté que des rôles forts, avec de la consistance pour ne pas tomber dans des choses futiles.

Leonardo DiCaprio et Bar Refaeli
Leonardo DiCaprio et Bar Refaeli

– Est-ce que vous avez une relation particulière avec Israël depuis votre love story avec Bar Refaeli entre 2005 et 2011 ?

– Évidemment et j’adore ce pays où j’ai gardé de nombreux amis. Lorsque j’étais avec Bar que j’ai beaucoup aimée, je suis venu plusieurs fois en Israël. J’avais rendu visite à sa famille, qui vit dans la région d’Hod Hasharon, et nous avions même envisagé d’acheter ou de faire construire une maison à Tel Aviv pour y vivre quelques mois dans l’année. On pensait se marier à l’époque, mais le destin en a décidé autrement… En 2010, j’ai même fêté mes 36 ans en Israël et j’avais amené ma mère Irmelin, qui réalisait son rêve de découvrir Jérusalem, et aussi l’acteur Kevin Connolly, l’un de mes meilleurs amis. On s’était baladé dans tout le pays et j’avais eu le grand honneur de rencontrer Shimon Peres et aussi d’être reçu par Benyamin Netanyahou et son épouse. Grâce à Bar Refaeli, j’ai découvert toute la beauté d’Israël et aussi toutes les nuances de la société israélienne. Comme aux USA, il y a dans ce pays une énergie créatrice, mais aussi une rigueur, rendue obligatoire par la situation et le conflit israélo-palestinien. Et puis en tant qu’acteur et producteur de cinéma, je suis un grand fan du septième art israélien, l’un des plus inventifs et intéressants dans le monde. Peut-être qu’un jour, je produirai ou je jouerai dans le film d’un réalisateur israélien. Du moment qu’il y a un bon scénario et des idées, je suis ouvert à toutes les propositions !

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