Ein Hanniya: un domaine royal de l’époque du 1er Temple ?

Le Patriarche

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Israël: un domaine royal de l’époque du Premier Temple à Ein Hanniya?

par Paul Turban |  2 février 2018

 Le patriarche arménien de Jérusalem, Nourhan Manougian, a planté un arbre à Ein Hanniya ©Patriarcat Arménien

 Le Parc d’Ein Hanniya, unique pour ses bassins de l’époque byzantine, a été inauguré le 31 janvier 2018. L’Autorité des Antiquités d’Israël suggère que le site ait pu être un domaine royal à l’époque du Premier Temple. La famille des parcs nationaux et des réserves naturelles d’Israël s’agrandit. Le petit dernier, le Parc d’Ein Hanniya, a été inauguré avant-hier. Il devrait ouvrir ses portes au public dans quelques semaines. Avant sa création, des fouilles ont été menées (entre 2012 et 2016) sur ce site niché dans la Vallée des Rephaïm au sud-ouest de Jérusalem mais toujours à l’intérieur du périmètre municipal. L’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI) a fait part, dans un communiqué, de découvertes «impressionnantes et significatives » de par leur rareté. La découverte la plus significative, si l’on en croit l’archéologue Irina Zilberbod de l’AII qui a dirigé les fouilles avec Yaakov Billig (AII), est un complexe de piscines de l’époque byzantine (IVe-VIe s. ap. J-C.), articulé autour d’un bassin aux dimensions exceptionnelles. L’eau est transportée grâce à un système unique en son genre en Israël, « magnifique et vraiment spécial », commente l’archéologue : un nymphée, c’est-à-dire une structure destinée à récupérer l’eau d’une source considérée comme sacrée.

 Cet ensemble, dont la fondation a été réalisée entre le IVe et le VIe siècle de notre ère, est entouré d’une colonnade qui donnait autrefois accès à un ensemble résidentiel. Le tout fut construit au pied d’une église aujourd’hui disparue. Les nombreuses découvertes de poteries, pièces, tesselles de mosaïques multicolores, etc. montrent qu’à cette époque, la fréquentation du site connut son apogée. Plusieurs hypothèses sont sur la table quant à l’utilisation de cette eau : irrigation, lavage, simple aménagement pour des raisons esthétiques ou cérémonies baptismales. En effet, l’archéologue du district de Jérusalem, le Dr Youval Barouch, explique que ce lieu est reconnu par des chrétiens comme l’endroit où saint Philippe le diacre (ne pas confondre avec l’apôtre) aurait baptisé l’eunuque éthiopien (Ac. VIII, 26-40) sur la route menant de Jérusalem à Césarée. D’ailleurs, ce lieu est détenu en partie par l’Eglise arménienne, qui y célèbre toujours des offices religieux, tout comme l’Eglise éthiopienne. De fait, selon la tradition chrétienne, le prince éthiopien aurait introduit le christianisme en Ethiopie. Vous pourrez en savoir plus dans le numéro de mai-juin de Terre Sainte Magazine.

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Néanmoins, il semble s’avérer que l’occupation du site est antérieure au christianisme. En effet, la deuxième découverte de taille faite sur le site est un fragment d’un chapiteau de colonne dont le style correspond à l’époque du Premier Temple de Jérusalem, construit par Salomon au Xe siècle avant notre ère et détruit en -587 par les Babyloniens. Ce chapiteau est de style proto-ionique, typique des demeures royales des rois de cette période. Des éléments similaires ont été trouvés dans la Cité de David, capitale des rois de Juda depuis sa conquête aux environs du premier millénaire avant notre ère par David. D’autres chapiteaux de ce type ont été mis au jour dans des villes possédant un palais royal, comme à Ramat Rahel, ou encore dans les villes principales de l’antique royaume d’Israël. Cela laisse donc supposer, selon les archéologues, que ce site était un domaine royal à l’époque du Premier Temple. Enfin, dernière découverte importante, une drachme frappée à Ashdod par de puissants grecs entre -420 et -390 est une des plus anciennes pièces de monnaie découvertes dans la région de Jérusalem. A cette période, à la fin du retour de l’Exil qui a frappé les Juifs après la destruction du Temple de Salomon, le site aurait été restauré par des Juifs vivant à Ein Hanniya. 

Ces fouilles à Ein Hanniya ont été financées par l’Autorité de développement de Jérusalem en coopération avec l’Autorité israélienne Nature et Parcs et l’administration de conservation de l’Autorité des antiquités israéliennes. La cérémonie d’inauguration du mercredi 31 janvier s’est déroulée lors d’une cérémonie de plantation de Tou Bichevat (le nouvel an des arbres d’après la Mishna). Elle s’est tenue en présence des autorités civiles et religieuses parmi lesquelles le ministre israélien de la Protection de l’environnement, le maire de Jérusalem Nir Barkat, et le Grand Sacristain du Patriarcat apostolique arménien de Jérusalem, Mgr Sevan Gharibian.

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