La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples »

La vraie signification de la formule « deux Etats pour deux peuples »

La formule « deux Etats pour deux peuples » est rabâchée tous les jours par des chefs d’Etats et de gouvernement, et par des organisations internationales. Cependant, cette formule devrait avant tout être étudiée depuis son origine, par les aspects pratiques de sa mise en œuvre dans les réalités du conflit israélo-palestinien.

 

Les Faits historiques

Voici des points essentiels qui clarifient le sens réel de la formule « deux Etats pour deux peuples » :

  • Toute la documentation officielle qui concerne le processus de paix à ce jour, et notamment les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU 242 (1967) et 338 (1973), ainsi que les accords d’Oslo et les documents d’annexes signés par Israël et l’OLP (1993-9), ne font aucune référence à cette formule et laissent la question du statut final et permanent des territoires à la négociation entre les deux parties.
  • Le chef de l’OLP, Yasser Arafat, a écrit dans une missive adressée le 9 Septembre 1993 au Premier ministre israélien Itzhak Rabin que « toutes les questions en suspens relatives au statut permanent seront résolues par la négociation. »
  • Le Premier ministre, Yitzhak Rabin, a confirmé sa vision sur le statut permanent dans un dernier discours prononcé à la Knesset en octobre 1995. Il a évoqué la création d’une « entité palestinienne qui deviendrait le foyer de la majorité des résidents palestiniens vivant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. » Rabin a précisé que cette entité serait « moins d’un Etat ».
  • Les paramètres Clinton (2000), qui se référaient à l’approche de deux Etats, spécifient et font référence à un « Etat palestinien démilitarisé » avec une souveraineté limitée. Ils précisaient que la « patrie du peuple palestinien », est comme l’Etat d’Israël la « patrie du peuple juif. » Cette formule n’a jamais été reprise par les deux parties.
  • Le Conseil de sécurité des Nations-Unies, dans le préambule de sa résolution 1397 (2002) a réaffirmé la nécessité, énoncée dans sa résolution précédente 242 (1967), pour des « frontières sûres et reconnues », en se référant à sa vision « d’une région où deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, dans des frontières sûres et reconnues ». Les frontières devraient être négociées, car les lignes de 1967 ne peuvent pas être considérées comme des frontières internationales.
  • Le président américain, George W. Bush, dans sa vision de « deux Etats, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité » a également souligné en 2002 que l’Etat palestinien devrait lutter contre le terrorisme et former une direction palestinienne nouvelle et différente.
  • La « Feuille de route » de 2003 est basée sur une solution permanente. Elle a appelé à la création « d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël et ses autres voisins. » Elle a envisagé d’abord des frontières provisoires et des attributs de souveraineté, un régime démocratique fondé sur la tolérance et la liberté, mettant un terme à tous les actes de violence et d’incitation à la haine. Cette « Feuille de route » a souligné la nécessité d’une solution négociée sur le statut de Jérusalem. Elle a demandé l’acceptation des Etats arabes de la région d’entamer des relations pleines et normales avec Israël.
  • Israël avait accepté la « Feuille de route » de 2003 sur le principe que « l’Etat provisoire [palestinien] aura des frontières provisoires et certains aspects de souveraineté. Il sera entièrement démilitarisé et ne possédera pas d’armée. En revanche, il aura une police et des forces de sécurité internes équipées d’un armement limité. Il ne pourra pas entreprendre d’alliances de défense ou de coopération militaire. « L’entrée et la sortie de toute personne et marchandise, ainsi que son espace aérien et son spectre électromagnétique demeureront sous contrôle israélien. »
  • La missive du président Bush au Premier ministre Sharon en avril 2004 souligne que des « frontières sûres et reconnues » devraient émerger des négociations. Il n’était pas question d’un retour aux lignes d’armistice de 1949.
  • Dans son fameux discours à l’Université Bar-Ilan en 2009, le Premier ministre Nétanyahou a réitéré la vision de deux peuples vivant librement, côte à côte, dans l’amitié et le respect mutuel. Chaque Etat aura son propre drapeau, son hymne national, son propre gouvernement, et ne menacera pas la sécurité ou la survie de l’autre.

La vision du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, comprend les éléments suivants :

– Une reconnaissance palestinienne de l’Etat d’Israël comme l’Etat-nation du peuple juif.

– Un Etat palestinien démilitarisé. L’interdiction d’importer des armes et des missiles et maintenir une armée ainsi que le refus de pactes et alliances avec des organisations terroristes. Des mesures efficaces de sécurité seront prises pour empêcher la contrebande d’armes sur le territoire.

– La résolution du problème des réfugiés palestiniens en dehors des frontières d’Israël.

– L’utilisation limitée de l’espace aérien.

Il est clair que toutes les grandes références internationales qui concernent la « solution de deux Etats » sont fondées sur une série d’hypothèses spécifiques. Elles comprennent le principe selon lequel un Etat palestinien sera démilitarisé et limité dans ses capacités militaires et sécuritaires, aura d’autres prérogatives souveraines. Le tracé de la frontière sera le résultat de la négociation entre les deux parties et ne pourra pas être celui des lignes d’avant juin 1967.

Cet Etat doit être fondé sur les principes de la démocratie, la liberté et la bonne gouvernance, et doit empêcher le terrorisme et l’incitation à la haine.

 

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