Chronique de la paix à Yaffo

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« Le muezzin était beaucoup plus fort que d’habitude », lance Myriam. – « Mais pas du tout ça dépend d’où vient le vent », renchérit son mari. – « Justement il soufflait dans le sens contraire. Avec ta théorie du vent on  aurait dû l’entendre beaucoup moins fort » affirme-t-elle. « Alors c’est celle à côté du Trade center qu’on entendait », martèle son mari. « C’est ça, quand il y a un conflit le vent souffle toujours dans le sens qui les arrange pour que le muezzin nous casse les oreilles, comme par hasard. Il faut le dire aux climatologues ça va les intéresser », balance-t-elle en levant le ton.

Par Kathie Kriegel.

Je dois avouer que j’ai eu la même impression que Myriam. Mais on a tous les nerfs à vif. Avec les mauvaises nouvelles qui nous viennent de Jérusalem et les images des massacres qui nous taraudent, on est sous tension. Alors le volume des hauts parleurs du muezzin est-il vraiment monté d’un cran Chabbat?

Dimanche matin

Je viens d’emménager à Yaffo. « T’es folle c’est plein d’arabes. Tu ne les as pas assez vus en France ? », me serine mon entourage. « Si si, je les ai assez vus, mais l’appartement est super grand, refait à neuf et avec les prix qui s’envolent qu’est-ce que j’aurais à Tel-Aviv pour ce prix ? Et c’est à 5 mn à vélo de Ben Yehouda. Mais bon ; il y a les arabes ». Et ça pose problème. Ma livraison Ikéa par exemple. « On est en bas, ouvrez » me hurle une voix d’homme au téléphone. Je descends aussi sec. Un type court sur patte, me fusille du regard pendant que son collègue, une asperge à queue de cheval, se tape tout le boulot. Puis “Grincheux” ose se planter devant moi en aboyant : “tips tips” (pourboire pourboire). L’œil rond et vide, je fais la blonde. « Tips tips », il insiste. Puis il désigne une bouteille d’eau. Même pas le temps de sortir les verres du placard, que déjà il attrape la bouteille et sort avec, talonné par l’échalas. « Bien sûr que c’était des arabes, avec ce qu’il se passe, ils ne se sentent plus. Ils sont arrogants et nous regardent de haut », m’explique l’assembleur Ikéa un peu plus tard. J’avoue être soulagée qu’il soit juif. «J’habite Ariel. Je vais chez les arabes pour faire laver ma voiture. D’habitude cela se passe bien, mais en ce moment c’est tendu, surtout depuis Har Nof. Ils font leur boulot mais nous font comprendre qu’on n’est pas copains. C’est nous qui nous faisons massacrer et c’est eux qui font la gueule »

Suite dans Israël Magazine n°167.

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