Charlie Hebdo, Médiapart et Tariq Ramadan

Tariq Ramadan, plusieurs plaintes contre lui pour viol

Tariq Ramadan dans l’œil du cyclone

Tariq Ramadan, plusieurs plaintes contre lui pour viol

pour Israël Magazine  par Myriam Bourgel

Procès d’intention Vs mauvaise foi  

Tariq Ramadan.  À l’époque de la défiance contre la gente médiatique, des « fake news » du président Trump, ces « fausses nouvelles » dont il accuse la presse de nourrir le public, les journalistes et leurs journaux devraient sans doute serrer les rangs au nom de la liberté d’informer qu’ils défendent.

Au lieu de cela, cette semaine, s’affrontent sur l’arène publique, Charlie Hebdo et Médiapart. Charlie, l’enfant terrible, qui confond quelquefois, souvent, irrévérence et mauvais goût. Mais qu’est-ce que la caricature sinon l’art de grossir le trait, au risque de le mordre ? Face à lui, Médiapart, l’intégrité incarnée – « Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter » –, le média qui n’a peur de rien et sûrement pas de balancer.
À la source du conflit qui les oppose aujourd’hui : « l’affaire Tariq Ramadan ». L’islamologue distingué, professeur d’études islamiques contemporaines à la tout aussi distinguée université d’Oxford, est accusé d’abus sexuels sur mineures, en l’occurrence ses élèves, et de viols – deux plaintes ont été jusqu’ici déposées contre lui. Mais demain est un nouveau jour et les révélations ne semblent cesser de pleuvoir. Sale saison pour les prédateurs. En réalité, au-delà même de l’affaire des violences sexuelles, la une de Charlie Hebdo – « Affaire Ramadan, Médiapart révèle : “On ne savait pas” » – dénonce la complaisance aveugle d’Edwy Plenel (président et cofondateur de Médiapart) et son équipe à l’égard du prédicateur et de ses thèses. Nous ne nous attarderons pas sur les passes d’armes plus ou moins dignes entre les deux média. Car seuls les faits importent. Ou devrais-je dire les symptômes ?

Qu’en est-il donc des faits ?

En janvier 2015, sur le plateau du Petit Journal de Canal +, Edwy Plenel, journaliste d’investigation, informé par définition, qualifiait Tariq Ramadan « d’intellectuel très respectable ». Il a même osé faire planer au-dessus de ses détracteurs l’accusation aussi perfide que passe-partout d’islamophobie. En avril 2016, une enquête en 5 volets sur Tariq Ramadan paraissait sur le site Médiapart. Une enquête qui lavait Ramadan « plus blanc que blanc ». Une enquête en 5 volets – Fichtre ! Ce n’est pas rien –, signée Mathieu Magnaudeix. Il fallait en écrire pour offrir à l’ami Tariq une virginité. Il fallait en faire des recherches, des rencontres, des voyages dans le passé, pour étayer ce dossier.  Alors comment expliquer que ce journaliste école Plenel, de ceux qui déterrent les secrets, même les plus honteux, surtout les plus honteux, n’ait pas senti sur son passage la moindre odeur de roussi ? Qu’aucune rumeur sur son chemin n’ait mis la puce à son oreille de professionnel averti ?

De la fumée sans feu ?

Entre 1988 et 1992, Tariq Ramadan enseignait en Suisse dans un collège. À l’époque, des élèves ont informé la direction de l’établissement des agissements impropres du professeur à leur égard. L’affaire en est restée là, pour cause de  non-communication aux instances supérieures. La faute à qui. Nul ne le dit. Mais les dossiers étaient là.

En 2008, à Londres, une ressortissante étrangère a lancé une plainte pour viol contre Tariq Ramadan. Plainte demeurée sans suite car la plaignante est retournée dans son pays.

En 2009, Caroline Fourest a rencontré plusieurs victimes présumées de Tariq Ramadan. En 2013, Le Parisien a été contacté par une certaine Yasmina (pseudonyme) qui souhaitait porter plainte contre Tariq Ramadan. Mais de tout cela, aucune trace dans l’enquête en 5 volets de Médiapart à son sujet. Aucune trace. Pas une allusion. Ni rumeur. Ni soupçon. N’est-il pas surprenant qu’aucune de ces plaignantes n’ait choisi de se confier aux journalistes de Médiapart dont la réputation n’est pourtant pas à faire en matière de levage de lièvre ? Alors, sans accuser, à la manière de Charlie, n’est-on pas en droit, nous aussi, de nous demander pourquoi ? Pourquoi le silence ? Est-ce un silence innocent ? D’ignorant ? De naïf ? Ou le symptôme d’une maladie ? Celle de la bien-pensance. De la mauvaise conscience. Et de la peur de l’amalgame. Mais pas de l’amalgame que l’on croit. L’amalgame entre un Ramadan, ou un quelconque musulman, et sa religion, son prophète. Cet amalgame qui interdit de critiquer les hommes au nom du respect leur foi.

 

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