L’ancien président Ahmadinejad veut de nouveau être candidat

L’ancien président Ahmadinejad veut de nouveau être candidat

L’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad a soumis sa candidature à l’élection présidentielle du 19 mai, bien que le guide suprême de la Révolution islamique lui ait intimé l’ordre de ne pas le faire, rapportent les médias d’État. Les conservateurs ont désigné Ibrahim Raisi, un proche de l’ayatollah Ali Khamenei, pour tenter d’empêcher le modéré Hassan Rohani d’obtenir un second mandat de quatre. La décision du conservateur Mahmoud Ahmadinejad est donc perçue comme un défi lancé à l’autorité du guide suprême. Quand Mahmoud Ahmadinejad s’approche d’un amas de micros, le 5 avril dernier, il est aux côtés de son poulain pour la présidentielle, Hamid Baghaie. Le ton calme, il assure qu’il n’a «pas l’intention de participer à cette élection» et qu’il soutient son ancien vice-président, «le meilleur candidat» pour le scrutin du 19 mai. C’est aujourd’hui un virage à 180° qui trouble la campagne iranienne, bien que cette candidature doive encore être validée par les autorités religieuses de la République islamique, ce qui est loin d’être acquis. Officiellement, Ahmadinejad déclare que sa décision de se présenter «vise simplement à soutenir la candidature de Hamid Baghaie». Faut-il y pour autant y voir une réelle volonté de retour de Mahmoud Ahmadinejad? Non, répond Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient, qui y voit plutôt une «foucade supplémentaire» de l’ancien président iranien, qui a dirigé le pays de 2005 à 2013. À son départ de la présidence en juin 2013, les caisses de l’État  etaient vides, notamment en raison de ses politiques populistes. L’économie iranienne est exsangue. L’inflation atteint plus de 30 %. Le pays est en récession, et le rial iranien a perdu près de 80 % de sa valeur. Pire, les proches d’Ahmadinejad sont visés par des affaires de corruption. Son vice-président Mohammad Reza Rahimi est condamné à cinq ans de prison. Son autre adjoint, Hamid Baghaei, est, quant à lui, arrêté en juin 2015. Ahmadinejad lui-même est convoqué devant la justice, mais refuse de se présenter. Membre de la secte des Hojjatieh, qui appelle à précipiter le chaos sur terre pour hâter la venue du Messie, le 12e imam chiite occulté, et prônant – à l’inverse du clergé chiite iranien – un islam nationaliste, Mahmoud Ahmadinejad a été accusé d’appartenir à un mouvement « déviationniste » soupçonné de vouloir limiter le pouvoir des religieux en Iran. En avril 2011, l’ancien président est allé jusqu’à s’opposer au Guide suprême, en limogeant le ministre des Renseignements, Heydar Moslehi.

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